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Dans notre histoire les «jacques», les «gueux.ses» et les «sans culottes» ont su s’inventer à travers l’adjectif qui les disqualifiait. Mais n’est-ce pas aussi ce qui arrive avec les «toxicos», qui balaient les dissertations savantes sur la légitimité de cet adjectif, pour se revendiquer tels des «non repentis».

Les toxicos, qui s’inventent comme composantes d’une cité et non objet de définition médicale et policière, créant se faisant, les contraintes et les risques à partir desquels pourra s’élaborer un discours  sur l’usage des drogues.

Le problème posé par les drogues définies comme illicites a été «démoralisé». Et cela en un double sens : la perspective de penser et parler de drogues n’est plus dominée par le principe moral «il ne faut pas se droguer»; et ceux qui luttent pour l’idéal d’un «monde sans drogue» ont été démoralisés. On n’éradiquera pas l’usage des drogues, c’est à dire les drogué.es. Le problème qui se pose désormais est celui du mode de coexistence dont nous sommes, ou pourrions être capables avec ces drogues. Comment vivre avec cette puissance intéressante mais redoutable qu’on appelle drogue?